La Princesse Noire et la Rose

Journal de réflexions d'une jeune paienne, proche des rythmes de la nature, à la recherche de la voie vers la Déesse entre Bretagne celtique et Orient des 1001 nuits. Un nouveau cycle...

dimanche 23 décembre 2007

Le Petit Prince et la Rose

"J’appris bien vite à mieux connaître cette fleur. Il y avait toujours eu, sur la planète du petit prince, des fleurs très simples, ornées d’un seul rang de pétales, et qui ne tenaient point de place, et qui ne dérangeaient personne. Elles apparaissaient un matin dans l’herbe, et puis elles s’éteignaient le soir. Mais celle-là avait germé un jour, d’une graine apportée d’on ne sait où, et le petit prince avait surveillé de très près cette brindille qui ne ressemblait pas aux autres brindilles. Ça pouvait être un nouveau genre de baobab. Mais l’arbuste cessa vite de croître, et commença de préparer une fleur. Le petit prince, qui assistait à l’installation d’un bouton énorme, sentait bien qu’il en sortirait une apparition miraculeuse, mais la fleur n’en finissait pas de se préparer à être belle, à l’abri de sa chambre verte. Elle choisissait avec soin ses couleurs. Elle s’habillait lentement, elle ajustait un à un ses pétales. Elle ne voulait pas sortir toute fripée comme les coquelicots. Elle ne voulait apparaître que dans le plein rayonnement de sa beauté. Eh ! oui. Elle était très coquette ! Sa toilette mystérieuse avait donc duré des jours et des jours. Et puis voici qu’un matin, justement à l’heure du lever du soleil, elle s’était montrée.

Et elle, qui avait travaillé avec tant de précision, dit en bâillant :

« Ah ! Je me réveille à peine… Je vous demande pardon… Je suis encore toute décoiffée… »

Le petit prince, alors, ne put contenir son admiration :

« Que vous êtes belle !

— N’est-ce pas, répondit doucement la fleur. Et je suis née en même temps que le soleil… »

Le petit prince devina bien qu’elle n’était pas trop modeste, mais elle était si émouvante !

« C’est l’heure, je crois, du petit déjeuner, avait-elle bientôt ajouté, auriez-vous la bonté de penser à moi…

[...]

« J’aurais dû ne pas l’écouter, me confia-t-il un jour, il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m’en réjouir. Cette histoire de griffes, qui m’avait tellement agacé, eût dû m’attendrir… »

Il me confia encore :

« Je n’ai alors rien su comprendre ! J’aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je n’aurais jamais dû m’enfuir ! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j’étais trop jeune pour savoir l’aimer. »


Version complète ici ou encore ici, ou pour le livre, Le Petit Prince.

Posté par Princesse Noire à 19:30 - Au fil des Pages - Bruissements... [1] - Permalien [#]

Bruissements de Roses

    Le Petit Prince et sa Rose

    Salut,
    Je suis une très grande fan du Petit Prince et c'est un de mes passages préférés. D'ailleurs, j'ai même écrit un petit texte sur la souffrance de la Rose quand son petit Prince l'a abandonnée... Pour ceux qui aimeraient la lire en voici déjà un extrait :

    Il est parti, mon petit prince m'a abandonnée. Il m'a laissée seule sous ce globe. Le ciel est triste, les étoiles pleurent, mon coeur saigne. Je l'aime et je l'attendrais. Je connaîtrais des chenilles et des papillons, peut-être même des tigres. De mes quatre épines je me protègerais. Reviendra-t-il un jour vers moi ? Pensera-t-il un peu à moi ? Chaque nuit j'ai froid, où est-il ? Qui m'a prise mon petit prince à moi ? Comment lui dire à quel point je l'aime maintenant que son coeur est ailleurs ?

    Dites moi ce que vous en pensez et si vous aimeriez lire la suite J'adore déjà ce blog et je l'ai fait connaître à ma mère
    Bonne continuation
    * Satine *

    Posté par Satine, dimanche 9 novembre 2008 à 09:55

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